Je sais, avec un titre comme celui-là, je vais en drainer du trafic parasite via google ! Mais je n'y peut rien, c'est le titre du dernier bouquin que je viens de lire... Enfin, j'avoue que j'en lis 2 en même temps en ce moment, j'en ai un autre pour le métro, car je n'ai pas osé montrer ostensiblement cette couverture à toute la rame arrière de la ligne 3 (on commence à se reconnaitre entre usagers du matin, depuis le temps !)
Je me suis faite avoir à la fnac. Ben oui, il est écrit clairement que c'est "un best seller international, un million d'exemplaire vendu"... En même temps Mary Higgins Clark fait autant de ventes avec ses romans à l'eau de chiotte rose. Il faut dire, surtout, que le titre très marketé m'a bien accroché... et puis les blagues pipi-caca, ça me fait toujours rire. Les prouts aussi... "Ptite tête, gros cul, quand tu pètes on te voit plus" (Laeti, elle est pour toi celle-là directement sortie de notre film culte !)
Alors, l'intérêt du bouquin, me direz-vous ? Et bien, certes, comme son titre l'indique, ce bouquin vous donne toutes les ficelles pour chier et pisser en pleine nature sans s'en mettre plein les chaussures (ça c'est pour les filles). Mais au delà de la blague scatologique et surtout de l'explication des différentes techniques à utiliser, c'est un vrai bouquin environnementaliste et écologique, livre culte de la mouvance Outdoor aux Etats-Unis.
Kathleen Meyer part du constat qu'aujourd'hui il n'existe plus aucun ruisseau aux Etats Unis dont l'eau ne puisse désormais être bue sans la menace de contracter une Diargianis (maladie véhiculée par les matières fécales dans l'eau, maladie qui n'existait pas au début des 70s). La faute à qui ? A tous ces randonneurs du dimanche ou dingues de treks, qui pensent que chier dans la nature, ça permet de faire de l'engrais pour les fougères... Diantre, fichtre, fiente, merde alors ! On serait en train de polluer nos rivières en defequant ? Et on serait tous des Slobodan en puissance ? (Les fans de monsieur Manatane reconnaitront ici l'allusion à cette réplique célèbre de cet artiste belge dont je tairai le nom : "il défèque et regarde ses prunes")
Bon franchement la Kathleen, elle va parfois un peu loin avec ses tupperwares ou ses tubes à pipi. Je me serais mal vue ramener mes crottes à l'hotel après 3 jours de rando sur le Camino del Inca. Et puis les tupper, parfois ça s'ouvre tout seul... t'imagine la surprise dans le sac, entre le duvet et la trousse de toilette ? Et puis, je ne suis pas une fétichiste des excréments comme Philippe Katerine, qui en collectionnerait 150 exemplaires chez lui, à moins qu'il ne les mette au coffre...
Alors, si je devais résumer les grands principes à retenir :
- faire un trou dans la terre avant de poser votre pêche, puis recouvrir le trou, comme on tirerai la chasse... c'est une sorte d'enterrement.
- choisir son trou, bien au dessus du niveau du ruisseau le plus proche. Attention au niveau de la crue ! Héhé maligne la Kathleen !
- ne pas mettre le feu à son morceau de PQ souillé. Ben oui, bande de pyromanes, le feu peut toujours prendre quelques minutes après votre départ... le PQ, ça ne part pas en fumée comme ça !
- mais alors, qu'est ce qu'on fait de son PQ ? Et ben on utilise des feuilles (végétales) pour s'essuyer, en prenant bien garde à ne pas choisir du bambou (ça coupe) ou toute sorte de plantes urticantes...
- pour les filles, qui se sont habituées à la position assise au cours des siècles (et oui des siècles de pratique), il suffit de touver un arbre auprès duquel se trouve une grosse pierre ou une souche, de s'adosser à l'arbre, de poser les pieds sur la pierre, et hop, le tour est joué. C'est comme si vous étiez sur le trône, et c'est le seul moyen de ne pas vous mouiller les pieds ! Ca alors, je n'y avais pas pensé... mais là tout de suite j'imagine la colonie de fourmis rouges qui remonte le tronc de l'arbre adosseur...
Franchement, ce bouquin est très instructif, mais je ne suis pas sure d'être prête pour un trip 100% écolo... C'est vrai quoi, je fais déjà le tri selectif des déchets chez moi, je roule en vélib', et j'arrête de laisser couler l'eau quand je me brosse les dents... je ne vais pas en plus me séparer de mon moltonel triple feuilles...
Allez, je m'en vais relire quelques classiques...

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