26 février 2008

Pleeeeaaase, aidez-moi à choisir !

Voilà mon dilemme. Je ne suis pas sûre de pouvoir emmener avec moi tous les bouquins qu'on m'a offerts, parce que ça pèse lourd et que ça prend de la place dans le sac. Et puis je me dis que j'en trouverai sûrement sur place dans les guesthouses ou que je m'en ferai envoyer si besoin.

Sur les 6, je pense en prendre 3, mais le choix est cornélien !

Avez-vous déjà lu (et aimé) l'un de ces bouquins ? Ca m'aiderait dans mes choix !

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13 février 2008

Comment chier dans les bois ?

Chier_boisJe sais, avec un titre comme celui-là, je vais en drainer du trafic parasite via google ! Mais je n'y peut rien, c'est le titre du dernier bouquin que je viens de lire... Enfin, j'avoue que j'en lis 2 en même temps en ce moment, j'en ai un autre pour le métro, car je n'ai pas osé montrer ostensiblement cette couverture à toute la rame arrière de la ligne 3 (on commence à se reconnaitre entre usagers du matin, depuis le temps !)

Je me suis faite avoir à la fnac. Ben oui, il est écrit clairement que c'est "un best seller international, un million d'exemplaire vendu"... En même temps Mary Higgins Clark fait autant de ventes avec ses romans à l'eau de chiotte rose. Il faut dire, surtout, que le titre très marketé m'a bien accroché... et puis les blagues pipi-caca, ça me fait toujours rire. Les prouts aussi... "Ptite tête, gros cul, quand tu pètes on te voit plus" (Laeti, elle est pour toi celle-là directement sortie de notre film culte !)

Alors, l'intérêt du bouquin, me direz-vous ? Et bien, certes, comme son titre l'indique, ce bouquin vous donne toutes les ficelles pour chier et pisser en pleine nature sans s'en mettre plein les chaussures (ça c'est pour les filles). Mais au delà de la blague scatologique et surtout de l'explication des différentes techniques à utiliser, c'est un vrai bouquin environnementaliste et écologique, livre culte de la mouvance Outdoor aux Etats-Unis.

Kathleen Meyer part du constat qu'aujourd'hui il n'existe plus aucun ruisseau aux Etats Unis dont l'eau ne puisse désormais être bue sans la menace de contracter une Diargianis (maladie véhiculée par les matières fécales dans l'eau, maladie qui n'existait pas au début des 70s). La faute à qui ? A tous ces randonneurs du dimanche ou dingues de treks, qui pensent que chier dans la nature, ça permet de faire de l'engrais pour les fougères... Diantre, fichtre, fiente, merde alors ! On serait en train de polluer nos rivières en defequant ? Et on serait tous des Slobodan en puissance ? (Les fans de monsieur Manatane reconnaitront ici l'allusion à cette réplique célèbre de cet artiste belge dont je tairai le nom : "il défèque et regarde ses prunes")

Bon franchement la Kathleen, elle va parfois un peu loin avec ses tupperwares ou ses tubes à pipi. Je me serais mal vue ramener mes crottes à l'hotel après 3 jours de rando sur le Camino del Inca. Et puis les tupper, parfois ça s'ouvre tout seul... t'imagine la surprise dans le sac, entre le duvet et la trousse de toilette ? Et puis, je ne suis pas une fétichiste des excréments comme Philippe Katerine, qui en collectionnerait 150 exemplaires chez lui, à moins qu'il ne les mette au coffre...

Alors, si je devais résumer les grands principes à retenir :

- faire un trou dans la terre avant de poser votre pêche, puis recouvrir le trou, comme on tirerai la chasse... c'est une sorte d'enterrement.

- choisir son trou, bien au dessus du niveau du ruisseau le plus proche. Attention au niveau de la crue ! Héhé maligne la Kathleen !

- ne pas mettre le feu à son morceau de PQ souillé. Ben oui, bande de pyromanes, le feu peut toujours prendre quelques minutes après votre départ... le PQ, ça ne part pas en fumée comme ça !

- mais alors, qu'est ce qu'on fait de son PQ ? Et ben on utilise des feuilles (végétales) pour s'essuyer, en prenant bien garde à ne pas choisir du bambou (ça coupe) ou toute sorte de plantes urticantes...

- pour les filles, qui se sont habituées à la position assise au cours des siècles (et oui des siècles de pratique), il suffit de touver un arbre auprès duquel se trouve une grosse pierre ou une souche, de s'adosser à l'arbre, de poser les pieds sur la pierre, et hop, le tour est joué. C'est comme si vous étiez sur le trône, et c'est le seul moyen de ne pas vous mouiller les pieds ! Ca alors, je n'y avais pas pensé... mais là tout de suite j'imagine la colonie de fourmis rouges qui remonte le tronc de l'arbre adosseur...

Franchement, ce bouquin est très instructif, mais je ne suis pas sure d'être prête pour un trip 100% écolo... C'est vrai quoi, je fais déjà le tri selectif des déchets chez moi, je roule en vélib', et j'arrête de laisser couler l'eau quand je me brosse les dents... je ne vais pas en plus me séparer de mon moltonel triple feuilles...

Allez, je m'en vais relire quelques classiques...

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18 janvier 2008

L'élégance du hérisson de Muriel Barbery

Elegance_herissonQuel titre étrange pour raconter le destin croisé de Renée la concierge de l'immeuble chic du 7 rue de Grenelle et Paloma la gamine sur-douée du même immeuble. Destins croisés, parce que les gens se croisent dans un hall d'immeuble où l'on échange des banalités "Bonjour/Bonne Journée/Merci/Au revoir". Mais l'impersonnalité des relations caractéristique de nos grandes villes se brise, car ces deux protagonistes sont différentes, elles ont une vraie vie intérieure, elles...

L'histoire prend tout son sens, à partir du moment où un vieil homme venant du pays du soleil levant, Kakuro Ozu, s'installe dans l'immeuble. C'est lui qui décide de faire le lien entre ces 2 destins croisés. L'une attend patiemment la mort, l'autre trop intelligente pour son âge a décidé de mourir à douze ans... Et l'une des deux est destinée à terminer écrasée comme un hérisson ! D'où le titre, je suppose, ha ha ha !

L'histoire est touchante dans la satire sociale qu'elle représente et bien écrite, mais un peu trop ponctuée de cours de philo à mon goût... Muriel Barbery nous étalle avec ostentation ses références culturelles et philosophiques. Cela rend le livre un peu reader indigest !

Ce prix des libraires s'est révélé un peu décevant, pour moi, mais plaira à ceux qui aiment la lecture qui permet de se masturber l'esprit... Personnellement, je préfère la lecture qui permet de s'évader !

06 janvier 2008

La feuille blanche comme source d'inspiration

Je viens de terminer un week-end detox (à ne pas confondre avec désintox ! La rehab, c'est pour les stars, pas pour moi). C'est la deuxième année que je profite des après-fêtes, motivée par une boucle de ceinture qui a tendance à vouloir se décaler de quelques trous (je lutte pourtant !), pour faire un week-end de purge ("purge", c'est pas bien plus beau que detox !). Cette purge, donc, est à base de bouillon de légumes, de poireaux et de litres de flotte. Pour ceux et celles que ça intéresse, c'est la methode gesta, et on est sensé se sentir mieux dans son corps après ces 2 jours passés à pisser. Bon, j'ai un peu merdé cette année, en mangeant le poisson le 1er jour et le poulet le second... j'espère que Madeleine Gesta ne m'en voudra pas trop ! On verra bien demain si le trou de ceinture est revenu à sa position normale ou si je suis châtiée d'avoir intervertit le poisson et la poule.

Pendant ces 2 jours de detox, la mère Madeleine nous conseille de glander, parce que, je cite "Restez couchée, la position allongée favorise l'élimination"... moi qui croyais que quand on dormait on faisait du gras ! Elle est forte cette Madeleine !

Quoi qu'il en soit, je n'ai pas eu de mal à me laisser aller à l'un de mes sports favoris trop rarement pratiqué : mouler dans mon lit à bouquiner et me vautrer dans mon canap' à regarder des séries.

J'ai donc terminé Lunar Park de Bret Easton Ellis et regardé l'intégrale de la saison 1 de la série Californication (je ne l'ai pas téléchargée illégalement, on m'a juste prêté les dixX !) Et bien ce qui est frappant entre ces 2 oeuvres, c'est le thème qu'ils ont en commun : Un auteur américain à succès, bien alcoolisé et poudré, avide de sexe avec de jeunes bombas, et qui se retrouve devant la feuille blanche, incapable de pondre une ligne. La dépravation étant le résultat de cette perte d'inspiration et vice et versa...

Breteastonellis Lunar Park, c'est du bon Bret Easton Ellis, moins gore qu'American Psycho (pas de scène avec des clodos tabassés ou des rats qui se retrouveraient dans des endroits peu communs pour un rat...). J'ai plutôt aimé cette autofiction parce que bien-sûr, c'est bien écrit, mais aussi dans la critique qu'elle représente sur l'Amérique d'aujourd'hui (les affres du succès, les gamins shootés aux tranquillisants, la quiétude ennuyeuse et flippante des banlieues riches, ...)

En revanche, j'ai moins aimé Lunar Park lorsque Bret part dans un délire paranoïaque et paranormal, persuadé qu'il est attaqué par Terby, la peluche de sa fille (enfin, celle de sa femme). Il parait que c'est un hommage à Stephen King... Quand Bret fait du thriller surnaturel, c'est un peu l'hallu (et sans substance artificielle cette hallu-là !)

Californication_duchovny La feuille blanche est aussi le sujet de départ de la série Californication, qui également, comme son nom l'indique, parle de fornication en Californie (il paraitrait que les Red Hot auraient attaqué la production en justice pour l'utilisation de ce titre). Hank Mood, écrivain à succès à du mal à retrouver le chemin du clavier, et sombre dans l'alcool, la drogue et... le sexe ! On y retrouve un David Duchovny incroyable et franchement crédible dans ses parties de jambes en l'air et de ses moult fantasmes et rêves sexuels (le premier épisode commence sur une nonne qui lui fait une gâterie, alors qu'il vient se confesser dans une église d'être en perte d'inspiration). Oublié X-files que je n'ai jamais trop regardé d'ailleurs, mais qui lui collait à la peau !

Contrairement au roman de BEE, le protagoniste et les situations s'avèrent plutôt drôles : Californication est une vraie bonne série (12 épisodes seulement, mais une seconde saison a été commandée). Le trailer est ici, et la série devrait être sur M6 au printemps 2008.

Cette série promet d'être le Sex in the City des mecs, même s'il n'est pas certain que les mecs pleurent sur le scénario de fin (un peu facile, mais on peut les excuser, ils n'avaient sûrement pas prévu de faire une 2ème saison), comme j'ai pleuré sur le baiser final entre Carry et Big !

En tous cas, concernant Lunar Park ou Californication, les auteurs peuvent remercier le manque d'inspiration d'être une vraie source d'inspiration...

01 décembre 2007

Cul de sac de Douglas Kennedy

Culdesac_3 Cul de sac fait partie des livres qui se lisent d'une traite, tellement l'histoire vous tient en haleine.

Ce polar, premier livre de Douglas Kennedy, nous entraîne au coeur de l'Australie. On fait la connaissance avec Nick, un backpacker américain, bien décidé à arpenter les terres vierges et rouges du bush australien, à bord de son Van acheté pour l'occasion. Bref, le rêve secret que tout passionné de voyages a déjà fait un jour : "c'est décidé, j'envoie tout péter et je pars 6 mois pour faire le tour de l'Australie en minibus..."

Le livre commence comme un road movie puis se transforme rapidement en une descente aux enfers au pays des 'rous (ndlr : kangourous"). L'élément déclencheur de cette descente aux enfers ? Angie, une autochtone bien décidée à faire de Nick l'un des membres de sa communauté de déjantés...

Le seul moyen de sortir d'un cul-de-sac ? Faire demi-tour, ou marche arrière... à une condition : que la manoeuvre soit possible !

Ce livre est à la fois haletant, terrifiant et drôle. L'Australie comme vous ne la verrez jamais ! Enfin, je vous le souhaite !

23 septembre 2007

Les impubliables enfin publiés !

ImpubliablesCabu et Wozniak viennent de sortir un recueil réunissant une bonne partie de leurs dessins jugés impubliables.

Sexe, mollahs, sego, sarko, corses, curés pédophiles, chirac, bites, couilles et nichons ... tous les sujets sensibles à la censure y passent.

L'actualité est croquée de manière satirique et clairevoyante, et c'est à mourir de rire (parfois jaune). Je trouve ça rassurant de voir que l'on peut encore publier ce genre de choses en France !

Cabu_chirac Cabu_patate

Cabu_sego Cabu_woz

En marge de ce bouquin, vous pouvez retrouver chaque mercredi (vers 13h) quelques drafts de l'actualité sur le site belge scorbut.be. Désormais, le mercredi, y'a le canard et le scorbut !

15 septembre 2007

Le dernier frère de Nathacha Appanah

Le_dernier_frereParmi les 600 ou 700 bouquins de cette rentrée littéraire, en voici un qui fait parler de lui et à juste titre.

L'ile Maurice n'est pas qu'une destination touristique pour lune de miel ! L'ile Maurice, c'est bien-sûr une histoire et un passé pas si lointain. L'histoire de familles qui (sur)vivaient de la récolte de la canne à sucre, bravant la misère et les cyclones. Raj, enfant de 9 ans fait partie de l'une de ces familles.

Le dernier frère mêle cette histoire à l'Histoire. Raj, se prend d'amitié, la vraie amitié, pour David, un gamin de 10 ans, enfermé dans une prison, pour une seule raison : il est Juif, et le bateau sur lequel il tentait de rejoindre la terre de Palestine en 44, fut refoulé et redirigé vers... l'ile Maurice (à l'époque colonie britannique). Une histoire d'amitié, et bien plus, une histoire de fraternité, s'écrit entre Raj et David. Natacha Appanah a l'écriture brillante et nous narre la culpabilité de ceux qui restent. C'est bien écrit, émouvant... bref, une livre comme je les aime ! Si vous en avez marre de voir la couverture du dernier Amélie Nothomb en tête de gondole, comme à chaque rentrée, je vous conseille vivement de lire Natacha Appanah ! Et si de votre côté vous avez aimé l'un des livres de la rentrée, je suis preneuse.

La 4ème de couv' : Au soir de sa vie, un homme se souvient d’un événement de son enfance qui l’a marqué au fer rouge : celui de la « honte d’être un homme » (Primo Lévi). Par une des nouvelles voix de la francophonie. Lorsque David lui apparaît en rêve, Raj se retrouve projeté dans son enfance. Le camp de Mapou, à l’île Maurice où il est né, le père, coupeur de cannes, à la violence trop prévisible, la tendresse maternelle, les jeux près de la rivière, le soleil brûlant, les pluies diluviennes. Un bonheur fragile balayé par un cyclone lorsque ses frères disparaissent dans un torrent de boue. La famille décimée quitte Mapou pour la ville, s’installe dans une maison en dur et dans un quotidien devenu moins précaire depuis que le père travaille à la prison où vivent de mystérieux réfugiés. Le 26 décembre 1940, l’Atlantic accoste à Port-Louis avec, à bord, quelque 1500 Juifs, refoulés de Palestine et déportés à l’île Maurice, alors colonie britannique. A cette époque Raj ignore tout du monde et des tragédies qui s’y déroulent. Il a dix ans. Désespérément seul il cherche dans la forêt un peu de réconfort et tourne autour de la prison. Lorsqu’il aperçoit David dans la cour, il décide qu’il deviendra son ami.

02 septembre 2007

Eldorado de Laurent Gaudé

Eldorado_2Parmi mes lectures de vacances, s'il y a un livre qui vaille vraiment le coup que j'en fasse un post, c'est Eldorado. Il faut dire que je suis très fan de Laurent Gaudé, que j'ai découvert avec Le soleil des Scorta puis la Mort du roi Tsongor.

Si, comme dans ses 2 précédents romans, on y retrouve les thèmes de la fraternité, des racines et de l'exil, Eldorado est son premier récit ancré dans notre actualité. En effet, le thème principal est celui de l'immigration clandestine.

On suit les protagonistes dans leurs aventures déchirantes pour atteindre leur quête : corps échoués sur la plage, escalade de grillages frontaliers, passeurs peu scrupuleux, traversées inconscientes sur des bicoques bondées... Chacun a une histoire poignante, de la jeune mère partie fouler une terre meilleure au commandant de la frégate qui récupère les clandestins échoués sur les côtes de Sicile.

Tous ne recherchent qu'une chose : l'Eldorado ! Cette terre, qui a défaut de regorger d'or, comme le dit la légende, leur apportera une vie meilleure.

"L"herbe sera grasse, dit-il, et les arbres chargés de fruits. De l'or coulera au fond des ruisseaux, et des carrières de diamants à ciel ouvert réverbèreront les rayons du soleil. Les forêts frémiront de gibier et les lacs seront poissonneux. Tout sera doux là-bas. Et la vie passera comme une caresse. L'eldorado, commandant. Ils l'avaient au fond des yeux. Ils l'ont voulu jusqu'à ce que leur embarcation se retourne. En cela, ils ont été plus riches que vous et moi. Nous avons le fond de l'oeil sec, nous autres. Et nos vies sont lentes." (p120-121 - Ed. Actes Sud)

Même si, comparé à ses deux autres romans, la fin m'a paru un peu facile, ou plutôt naïve, c'est un très bon bouquin, qui ose allier espoirs et détresse,  violence et poésie.

La 4ème de couv : Gardien de la citadelle Europe, le commandant Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les embarcations des émigrants clandestins. Mais plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission. Dans le même temps, au Soudan, deux frères (bientôt séparés par le destin) s'apprêtent à entreprendre le dangereux voyage vers le continent de leurs rêves, l'Eldorado européen... Parce qu'il n'y a pas de frontière que l'espérance ne puisse franchir, Laurent Gaudé fait résonner la voix de ceux qui, au prix de leurs illusions, leur identité et parfois leur vie, osent se mettre en chemin pour s'inventer une terre promise.

27 juin 2007

Autobiographie de Régis Jauffret

Jauffret_autobiographie C'est le premier livre que je lis de Régis Jauffret. Heureusement, il s'agit d'un roman et non de sa propre biographie, ni de l'autobiographie de ses fantasmes les plus moches ! Ouatche, il m'a remué les tripes, ce livre ! Une vraie boucherie cette histoire, un peu comme un tableau de Bacon (même si , pour le coup, j'adore Bacon) !

« La vie était une simple torture, je ne comprenais pas pourquoi on me l’infligeait ».

Pour se venger de cette vie affligeante qu'on lui inflige, le narrateur coure de femmes en femmes, profitant d'elles comme gagne-pain, les forçant même à se prostituer pour subvenir à ses propres besoins (ha ben oui, parce que le môssieur ne compte jamais se (re)prendre en main !). Les femmes, il les tient en leur donnant du "plaisir" sexuel et primaire, qu'il nomme simplement "coït" (on est vraiment naïves parfois, nous les femmes !). Pour couronner le tout, cet ignoble personnage est d'autant plus à gerber qu'il n'hésite pas à donner parfois dans la nécrophilie et la pédophilie.

L'histoire, qui se déroule vite, très vite, est à vomir, mais le livre est porté par une écriture vive, représentative du fast-sex et de l'enchainement de ces femmes, dont le protagoniste ne cite jamais aucun nom. S'il y a bien un intérêt à ce bouquin, c'est bien cette écriture qui donne un sentiment de roman à grande vitesse. A part ça, j'ai envie de crier "T'es un grand malade dans ta tête monsieur Jauffret !!!!"

Vous l'aurez compris, je ne suis pas sûre de lire un second bouquin de Mister Jauffret ! Présentement, j'ai juste envie d'aller lire un bon roman à l'eau de rose !

La 4ème de couv' : Autobiographie est l'histoire hilarante de quelqu'un qui cherche à survivre, à jouir même, si c'est possible, mais qui est absolument indifférent à la souffrance des autres qu'il méprise tout autant que lui-même. Ce roman est rapide parce qu'il est dense. Les mots sont juxtaposés l'un à l'autre comme des neurones. On peut lire cette histoire d'une seule traite, car elle renferme une foule d'événements et les comprime jusqu'aux limites du vocabulaire et de la syntaxe.

03 juin 2007

Le dernier Paul Auster : Dans le Scriptorium

ScriptoriumDans le dernier Paul Auster, on se retrouve dans une pièce, entre l'asile, la prison ou le cercueil, avec un vieux monsieur, Mr Blank, qui semble totalement déconnecté de l'espace temps qui l'accompagne.

Il s'interroge. Pourquoi chaque objet est identifié par un petit bout de papier qui le décrit. Qui sont ces gens qui lui rendent visite dans sa chambre/pièce ? Il pense parfois les connaitre. En fait, il les connait tous, car ils ont tous été les personnages du roman de sa vie. Surtout Anna qui l'aide à manger, à se doucher et à s'astiquer. Mais que fait-il là ? quel est son procès ? Que doit-il voir dans le manuscrit posé sur sa table ?

Et bien, pour le savoir, il va falloir lire le livre ! On y retrouve les thème chers à Paul Auster : l'enfermement, la perte d'identité, le labyrinthe des souvenirs, le statut de l'écrivain... La lecture est plaisante et fluide, comme toujours, et l'opus est court (moins de 150 pages). Si vous aimez Paul Auster, vous allez adorer Dans le Scriptorium, car ce bouquin relate sa propre quête. Si vous n'aimez pas Paul Auster, ce roman ne vous réconciliera pas avec lui. Et si vous ne connaissez pas Paul Auster, ne commencez pas par celui-là ! 

Pour en savoir plus, rdv sur le site d'Actes Sud.

? Damien Guinet
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