Je viens de réaliser le rêve de tout plongeur... passer quelques jours sur la grande barrière de corail australienne.
Je me suis fait plaisir avec une croisière plongée de 7 jours qui a du me couter l'équivalent d'un mois et demi en Asie ! C'est ma petite folie du voyage. Mais bon, j'en ai tellement chié dans les auberges de jeunesses australiennes que je méritait bien une grosse folie. D'ailleurs, je crois que ma dernière expérience en auberge de jeunesse a Cairns a été le pompon... Elle se situait au dessus de la plus grosse boite de nuit de Cairns, ce qui m'a permis de danser dans mon lit tous les soirs jusqu'à 4 heures du matin (les doubles vitrages, ils connaissent pas par ici) et de profiter des hurlements des sauvageons et sauvageonnes de l'auberge. Mais surtout, je me suis faite littérallement bouffer par des puces de lit. Je vous jure, parfois, les pays les plus développés ne sont pas ceux qu'on croit !
Revenons à ce trip plongée, car l'Australie m'a enchantée pas certains côtés. Nous sommes partis par une mer assez agitée et revenus par une mer encore plus agitée. Je ne sais pas d'où me vient ce pied marin, mais contrairement à beaucoup de plongeurs qui ont passé quelques heures en tête à tête avec leur sac à vomi, je n'ai eu aucun mal à m'empiffrer au buffet (en général, sur un bateau, la bouffe est toujours bonne !).
Le rythme était simple : lever 6h30, petit dej fruits et muesli, 1ère plongée, 2ème petit dej' eggs & bacon, 2ème plongée, déjeuner, 3ème plongée, goûter, 4ème plongée, parfois une 5ème plongée (de nuit), diner puis coucher vers 9-10h. Pour ma part, j'ai zappé les plongées de nuit, car je ne suis pas une grande fan de la chasse à la poiscaille avec une lampe torche, et j'ai préféré faire la sieste de temps en temps lors de la 3ème plongée. Je me suis quand-même enquillé vingt et une plongées, soit une moyenne de 3 par jour, ce qui est largement suffisant pour revenir sur terre complètement azoté !
Les fonds ne m'ont pas déçue, même si je m'attendais à voir plus de gros bestiaux. Dans un environnement riche en corail, j'ai croisé des tortues, des requins pointe blanche, des gros mérous (qui font la réputation de la zone de cod hole), des napoléons, des bancs de barracudas, de belles nudibranches et des poissons multicolores en pagaille. Je n'ai pas eu la chance de nager avec les fameuses baleines minkie whales, en revanche, je les ai vues de la surface, à 50 mètres du bateau.
Quant à la faune bipède qui avait pris ses quartiers sur le bateau, il y avait l'équipage de 11 personnes et entre 11 et 15 plongeurs. Un bon ratio de luxe !
Parmi les guests, un couple de tourdumondistes français bien sympas, Cécile et Boris, avec lesquels nous avons plongé en palanquée autonome, histoire d'éviter les groupes de 8 personnes et les coups de palmes sur la tête. C'était l'une des premières fois que je plongeais en autonome. Ca responsabilise beaucoup plus que de suivre bêtement un divemaster... et cela demande beaucoup plus d'attention (d'autant que j'ai un sens de l'orientation bien plus réduit sous l'eau que sur terre !).
Il y avait également des Américains, des Japonais, des Italiens et des Allemands.
Je crois que je suis devenue pro pour reconnaitre la nationalité d'un plongeur !
Bon, les Japonais, c'est pas très compliqué, même sur un bateau, ils ont leur propre guide japonais qui leur explique tout en japonais (car je l'ai peut-être déjà dit, mais le Japonais aune maitrise de la langue anglais qui doit s'approcher du niveau zéro). Ils ont toujours beaucoup de matériel, plein de petites boites qui renferment je ne sais quoi (mais surement très utile !). Et surtout, le plongeur japonais n'a aucun scrupule à foncer sur les autres plongeurs qui sont en train de prendre une photo d'un joli poisson. Pas question d'attendre. Ce n'est pas chacun son tour, c'est la photo qui compte avant tout. D'ailleurs, ils prennent tout et n'importe quoi en photo. La preuve ? Depuis le début de mon voyage, j'ai du partir une trentaine de fois au pays du soleil levant à travers l'objectif d'un Japonais rencontré dans un bus, un train, sur un site archéologique, dans une tribu montagnarde ou un bateau de plongée. Ben oui, une parisienne, c'est exotique et "Paris it's so romantic" !
Les plongeurs allemands, ce sont les seuls qui plongent encore avec une moustache. C'est bien connu, un plongeur avec une moustache est un plongeur dont le masque prend l'eau car il n'est pas 100% hermétique avec la peau (ben oui, y'a la moustache !). Je ne sais pas pourquoi, chez le plongeur allemand, ce problème d'étanchéité n'existe pas.
Et puis le plongeur allemand aime la convivialité. C'est pourquoi il nous gratifie souvent de magnifiques vues sur ses attributs, lors des changements de slips de bain, car le plongeur allemand reste nature avant tout !
Les plongeurs italiens ont souvent les dernières combinaisons à la mode. Ma qué, même sous l'eau le plongeur italien doit avoir du style. Je n'ai jamais vu un trou dans une combi d'Italien ! En revanche, sous l'eau c'est parfois un peu free style ! J'ai tenté un plongée en autonome avec Antonio, qui était sensé être instructeur. Et bien Antonio a sauté sans sa ceinture de plombs (bon d'accord, ça peut arriver), m'a indiqué des niveaux un peu farfelus concernant l'air dans sa bouteille, et est remonté avec 20 bars, ce qui nous a valu d'être punis, et de devoir retourner plonger avec le groupe à la plongée suivante.
Les plongeurs américains voient souvent la plongée comme une compétition. Lors de cette croisière un jeune étudiant de la Navy a mis un point d'honneur à faire toutes les plongées, soit 26. Le plongeur américain n'a pas le droit de se reposer ! C'est la course à la plongée et aussi la course aux diplômes ! Quand ils viennent juste d'obtenir leur open water (1er niveau), il faut qu'il passent leur advanced (2ème niveau) et quand ils ont seulement 15 plongées et leur advanced, ils parlent déjà de passer leur divemaster (qui permet d'encadrer des plongeurs). Quand je leur dit que j'ai 170 plongées dans les palmes et que je suis toujours niveau 2, ils me regardent comme une nullasse. Bouh t'as pas ton divemaster ? Ben, non, je n'ai pas encore décidé de devenir moniteur de plongée, et je ne plonge que pour le plaisir, donc je ne vois pas bien l'utilité d'épingler un niveau supplémentaire à ma combinaison de plongée ! Pour moi, un plongeur, c'est comme le nutela : l'expérience fera toujours la différence.
Et le plongeur français, dans tout ça ? Et bien, il passe son temps à critiquer (affectueusement) les autres plongeurs ! La preuve dans ce post !
Je suis rentrée de mer ce matin et je tangue encore un peu. J'ai rejoint une petite station balnéaire au nord de Cairns, Port Douglas. Il n'y a pas grand chose a faire. Je vais esayer de me reposer un peu (j'ai bon espoir, mes 3 roomates ont l'air plus calmes que la moyenne) et je vais profiter de mes 2 derniers jours en Australie pour préparer la suite de mon voyage en Indonésie et faire quelques emplettes avant mon retour en Asie... Un jour, je vous raconterai comment j'ai passé une journée à trouver du produit à lentilles au Cambodge et une autre journée à faire toutes les pharmacies et épiceries de Vientiane, (la capitale du Laos, quand-même !) pour trouver une boîte de tampax ! Parce que ça, le lonely planet et le routard, ils n'en parlent pas !
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