Séquence Haroun Tazieff à Lombok
Quand j'étais ado, j'ai eu ma période "je veux devenir volcanologue", une sorte d'Haroun Tazieff mais sans l'accent et sans l'haleine du vieux scientifique (je ne sais pas pourquoi, mais dans mon imaginaire, les vieux chercheurs ont une haleine de phoque... va savoir pourquoi !).
Les 3 jours que je viens de passer à faire l'ascension du mont Rinjani, à Lombok, m'ont rappelé cette période où j'étais fascinée par les volcans. Celui-ci est encore en activité, mais sa dernière éruption date de 2004.
Le paysage qu'offre ce volcan, au milieu d'un lac, entouré par les montagnes est grandiose. Le chemin pour y arriver l'est aussi puisqu'on passe tour à tour, à travers la jungle, les champs de moyenne altitude, puis les roches volcaniques.
Heureusement que c'est magnifique, parce que "holly shit" (c'est la dernière expression que je viens d'apprendre, je l'utilise à toutes les sauces ! J'adore imaginer la traduction française : sainte merde !), cette ascension n'était pas une mince affaire.
J'en ai chié, au sens propre (merci l'eau des montagnes!) comme au sens figuré (on est passé de 400 à 2500 mètres d'altitude la première journée et on a fait une moyenne de 7 heures de marche par jour dans des chemins plus qu'escarpés).
Mais moi, quand j'en chie, je le fais en silence ! Pas comme d'autres... Je me suis retrouvée dans un groupe avec 2 Québécoises et une Américaine, et l'une de Québécoise a découvert à 26 ans qu'elle avait le vertige. Résultat, elle a passé les 2 derniers jours à pleurer en tenant la main du guide, pétrifiée par l'idée de tomber dans le vide dans des passages qui ressemblaient plus à des murs d'escalade qu'à un chemin balisé, certes, ou à trembler à l'idée de glisser dans les descentes où la terre sèche est certes casse-gueule mais où le meilleur moyen de ne pas se retrouver sur les fesses est de courir et non de faire des pas de danseuse.
J'ai du mal à comprendre que l'on s'engage dans des treks de 3 jours sans s'être renseigné sur la difficulté du parcours à l'avance. Par exemple, je sais que je ne ferai jamais l'Everest, car mon corps et mes petits poumons en seraient incapables. Je savais en partant que l'ascension du Rinjani n'était pas une promenade de santé, mais je me sentais capable de faire ces 3 jours (même si je craignais pour mon dos un peu en vrac). Vous me trouvez peut-être dure avec cette pauvre Québécoise, car après tout, tout le monde a le droit d'être pris de panique face à la puissance des éléments, comme la montagne ou la mer, d'ailleurs. Ca m'est déjà arrivé.
Au début, j'ai essayé de la soutenir, de la motiver, mais pour couronner le tout, quand elle ne pleurnichait pas sur la route, c'était encore pire au campement : elle a passé son temps à se plaindre parce qu'il faisait trop froid (ben oui, ça caille avec un short ras la moule à 2500 mètres, même en Indonésie), qu'elle était mouillée (la pluie ça mouille) et qu'elle en avait marre de bouffer des pancakes, des nouilles et des oeufs. Je ne sais pas si elle s'attendait à avoir un steack et des frites à chaque repas, mais moi je trouvais déjà pas mal de voir les porteurs monter avec des oeufs dans leurs paniers en bambou surchargés ! Et puis, les banana pancakes ont l'avantage de faire venir les singes jusqu'au campement (emportant parfois quelques chaussettes qui traineraient par là).
L'avantage de voyager par soi-même, c'est que l'on a le choix de passer du temps avec des gens sympas et bon esprit. Le problème des treks organisés, c'est que lorsqu'on a un boulet dans le groupe, on se le traine tout le long ! Néanmoins, comme les pleurnichages altéraient un peu ma propre motivation, et que les pauses d'une demi-heure/trois quarts d'heure à attendre la pleurnicharde me cassaient un peu les jambes (au sens propre), j'ai passé la majeure partie des 2 premiers jours à faire cavalier seul avec nos 2 porteurs, 2 petits bouts de mecs qui galopaient en tongs avec 40 kilos sur les épaules et le dernier jour avec un autre groupe !
J'imagine que ce trip a du être un vrai cauchemar pour cette minette, mais comme je suis bien la fille de mon père et que j'aime pas me laisser emmerder par les cons, les casse-pieds j'essaie d'éviter, je préfère admirer les paysages en silence !
Maintenant que je vous ai raconté tout cela, j'ai le droit de pleurnicher un peu ? Holly shit, j'ai des courbatures à ne pas pouvoir decendre les marches de mon hotel ! Et franchement, je ne sais pas si vous avez déjà fait l'expérience des chiottes à la turc avec des courbatures, mais je peux vous dire que c'est pas une mince affaire !
Je vais donc rejoindre tout doucement ma prochaine destination, les îles Komodo et Flores.
































































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