16 mai 2008

G'day mate !

Je viens de passer mes premiers jours en Australie. L'Australie, ça a toujours été pour moi l'autre bout du monde !

C'est à Darwin que j'ai posé mon premier pied en pays d'Oz où j'ai retrouvé ma tante Chantal et sa copine Evelyne qui habitent en Nouvelle Calédonie et se font 2 semaines de vacances dans les contrées aborigènes. Après 2 mois et demi de voyage, ça m'a fait du bien de serrer dans mes bras quelqu'un que je connais depuis plus de 2 jours !

Darwin, c'est un nom qui fait réver, mais une fois que l'on y a posé un pied et fait trois fois le tour de la rue principale, on se rend vite compte que c'est une ville sans charme. La ville a d'abord été bombardée par les Japonais durant la seconde guerre mondiale puis rasée par le cyclone Tracy en 1974. Toutes les constructions ont donc une trentaine d'années, ce qui ne laisse pas beaucoup de place à des lieux historiques... De toutes façons, il va falloir que je m'y habitue, les villes en Australie ne semblent pas avoir de charme historique particulier, puisque c'est un pays jeune.

Le charme, il va falloir aller le chercher ailleurs... dans les paysages.
J'ai ainsi passé 2 jours dans le parc national de Kakadu (non, ce n'est pas une blague, il s'appelle bien Kakadu), qui est l'une des plus grandes réserves du pays, riche en crocodiles et en nombreuses espèces d'oiseaux. Franchement, je n'ai jamais vu autant d'oiseaux au km² et autant de crocodiles (en dehors du parc de la tête d'or !).
P1050875 Certains crocodiles arrivent même à passer des billabongs aux estuaires et se retrouvent donc parfois sur les plages. Ajouté à cela les méduses, il est formellement déconseillé d'aller faire un plongeon dans l'eau salée par ici. Les paysages du parc de Kakadu, surtout le vue depuis le rocher d'Ubirr sont époustoufflants.
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Aujourd'hui, je viens d'arriver à Alice Springs. Ici, ce n'est pas "l'autre bout du monde", mais plutôt "au milieu de nulle part". Si vous prenez la carte de l'Australie, c'est le petit point qui est tout au milieu. D'ailleurs, lorsqu'on arrive en avion, on ne voit même pas la ville... que des étendues rouges à l'horizon. Je vais devoir passer 1 journée et demi dans ce trou, car comme j'ai pris l'habitude de ne rien booker à l'avance, il n'y avait pas de tour dans le coin avant dimanche. Mais la bonne nouvelle, c'est que j'ai le droit à des prix lastminute sur mon tour vers Ayers Rock !

P1050912Ma manière de voyager va beaucoup changer, comparé à l'Asie. Compte tenu des distances, je vais devoir prendre pas mal l'avion et délaisser les bus locaux (sans quoi je risque de passer la moitié de mon voyage dans des bus). Je vais aussi devoir abandonner mes virées en vélo grâce auxquelles j'aimais me perdre dans les villages du Laos ou du Cambodge. Ici, quand on sort des villes, il n'y a plus rien, que des étendues à perte de vue.
Budget oblige (je ne vais pas pouvoir dépenser 50 euros dans une chambre, ni 50 euros en repas par jour), je vais aussi devoir changer un peu mon rythme de vie !
Les guesthouses asiaitiques qui sentent l'humidité, sont le nid préféré des cafards et sont souvent un joyeux bordel vont devoir laisser la place aux dortoirs des auberges de jeunesse bien proprettes. Ces auberges de jeunesses, lieu de RDV des backpackers du monde entier, qu'ils soient jeunes ou vieux d'ailleurs (j'ai dormi avec une australienne de 70 ans) semblent avoir un mode de fonctionnement bien huilé et des règlements très strictes. Lorsque je suis arrivée à 3h du matin à Darwin, on m'a bien précisé qu'il était interdit d'amener des mecs au 3ème étage, l'étage des filles. Autant dire qu'à 3 heures du mat', après 1 journée dans des avions, j'avais qu'une envie, dormir et non courir le surfer australien !

P10507231 Le côté sympa des auberges, c'est que les cuisines sont de vrais lieux de vie et de rencontre. Là où en Asie, tout le monde peut manger dans la rue pour moins d'1 euro, ici les restos sont aux prix européens, donc à moins de manger de la junk food (du mac do en gros), il n'y a qu'une solution : aller faire ses courses au supermarché et se faire la popote dans la cuisine commune. Ca m'a donc valu une virée dans les rayons d'un magasin d'Alice Spring, où j'ai découvert tout un rayon de vinaigrette Paul Newman !

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Pour finir, avant ma prochaine note dans 1 semaine, je trouve les Australiens super sympas et la gente masculine très attentionnée avec les petites frenchies à l'accent bien prononcé ! Mais attention au 3ème étage...

12 mai 2008

Rien que pour vous les filles... les gars du Vietnam

Après les gars de Thailande, du Laos et du Cambodge, vous les attendiez avec impatience... les gars du Vietnam !

Un petit bonze pour la route (je suis fan ! mais pas toucher marie !), un ours bien triste, un vieux capitaine de bateau, des plongeurs et un vieux cul de blanc en string, ostensiblement présenté aux pauvres vietnamiennes qui se baignent toutes habillées, elles. Y'en a qui n'ont vraiment rien compris !

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10 mai 2008

Comment se prendre pour Catherine Deneuve dans Indochine ?

Facile, il suffit de passer quelques jours dans la Baie d'Halong !
Bon d'accord, avec mes tongs d'Allemands et mon tee-shirt noir devenu gris après 2 mois de voyage, je ne ressemblais pas vraiment à a grande Catherine dans ses longues tuniques asiatiques. Et puis, j'ai beau eu cherché, je n'ai pas trouvé Vincent Perez sur ma jonque ! Mais la beauté des paysages que l'on peut apercevoir dans le film était bien là !
Franchement, je n'ai pas été déçue ! J'ai été époustouflée par ces multiples ilots sortant de la baie. En plus, pour une fois, il a fait un grand ciel bleu, ce qui m'a permis de bien glander sur les transats de la jonque.

P1050558Je n'ai pas fait que glander. J'ai aussi fait du kayak à travers les ilots avec un gros néozélandais qui était sensé mener la barque mais qui semblait bien novice en la matière. Chaque coup de pagaie de ma part était un supplice, et j'avais l'impression de tirer ses bons 100 kg à chaque fois que ma pagaie touchait l'eau. Et puis lorsque j'ai aperçu une grotte qui donnait sur l'eau et lui ai proposé de nous engouffrer à l'intérieur, le gros nounours a pris peur... je savais bien que les All Blacks étaient des trouillards ! Je ne sais s'il a eu peur de moi ou du noir... peut-être les deux ! Mais bon sang, il était où Vincent Perez ?

J'ai aussi plongé du toit du bateau et nagé dans la baie d'Halong. C'est-y pas mythique de nager dans la baie d'Halong ? Il faut se faufiler entre les grosses méduses et lorsqu'on est dans l'eau on ne voit pas ses pieds tellement l'eau est verte et vaseuse, mais c'est tout de même mythique, non ?
Et puis, je suis sure que Catherine Deneuve n'a pas eu la chance de pécher le calamar à la lumière de la lune avec l'équipage de sa jonque, et surtout de pouvoir les gober juste cuits après les avoir pêcher !

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Bref, je rentre enchantée de ces quelques jours. Ce soir, je retrouve Sophie (l'ex de l'un de mes anciens collègues, pour ceux qui suivent, que j'ai rencontrée à Sapa) à Hanoi où je passerai ma dernière journée asiatique demain. Car lundi, je rejoins Darwin en Australie.

En fait, je suis contente de quitter un peu l'Asie pour mieux y revenir dans quelques mois. J'ai passé quelques heures dans un bus avec des Français qui passaient juste 2 semaines de vacances au Vietnam, et en voyant leurs mines surprises à chaque fois que l'on croisait un conducteur de scooter qui portait un cochon sur son engin, une voiture qui roulait en contre-sens, ou des vielles dames qui faisaient cuire des poulets sur le trottoir, je me suis aperçue que tout cela ne me surprenait plus. Je ne suis pas blasée, loin de là, mais je me suis habituée à certaines situations que je trouvais cocasses au début.
Je crois que mon mois et demi avec les kangourous va me changer un peu d'air !

07 mai 2008

J'ai enfin trouvé l'endroit le plus sapathique du Vietnam !

Après mon coup de gueule de la semaine dernière, me voilà réconciliée avec le Vietnam. Je viens de passer 3 jours dans les environs de Sapa, un endroit perdu en pleine montagne, près de la frontière chinoise. Sapa, c'est le genre d'endroit où dès que l'on y pose un pied, on se dit que l'on pourrait volontiers y rester une dizaine de jours. Ce que j'aurais bien fait si je n'avais pas à prendre mon vol pour l'Australie le 12 mai.
Il faut être motivé pour aller à Sapa : une nuit de train aller et une nuit de train retour, suivi d'une bonne heure de bus.

J'ai d'abord visité le marché de Bac Ha où tous les dimanches, les habitants des tribus alentours descendent pour y vendre leurs produits.

P1050340Un endroit haut en couleur, où l'on y croise des femmes qui vendent des entrailles de bêtes en tous genres, du tabac, et moult légumes locaux, des hommes qui amènent leurs cochons en laisse (pour le vendre bien sûr), ou jouent de la musique, des enfants à dos de buffle, tout cela sur un parterre boueux qui me vaudra pas mal de glissade à travers les étals du marché.

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P1050310 Arrivée à Sapa, le soir, je me retrouve dans un bar où les guides hmongs se retrouvent pour jouer aux cartes ou au billard avec les quelques touristes qui se sont perdus là. L'ambiance est à la rigolade et je trouve enfin un endroit chaleureux, où les relations sont bien loin de toute relation mercantile avec le touriste. L'une d'elle, qui a 16 ans se prend d'affection pour moi et s'assoit sur mes genoux pour jouer aux cartes. J'apprends le vietnamese game. Elle est très tactile, comme toutes les femmes en Asie. Je ne compte pas le nombre de fois où des petites mémés, assises à côté de moi dans le bus, me prenait la main et le bras pour admirer ma peau de blanche, mes poils (sur les bras) et surtout mes grains de beauté (qui sont très rares chez les Asiatiques). Je rentre après le couvre-feu, réveillant le patron de l'hotel, pour me coucher dans un lit froid et humide (ça c'est le côté le moins sympa de Sapa !)

P1050429 Le lendemain, je suis partie pour 2 jours de treks dans les montagnes, à la rencontre des villages du coin, qui sont surtout des villages de Hmongs noirs. Ce trek aurait eu tout l'air d'une ballade plus qu'un trek, si la pluie ne s'était pas mise à tomber pour ne jamais cesser de ces 2 jours.

P1050426_2Dès le début, un groupe de femmes nous escortent, et elles vont s'avérer d'une grande aide pour traverser les rivières et descendre les pentes glissantes des versants. Elles sont rigolotes, avec leurs parapluies et leurs bottes en plastique. L'une d'elle a même amené son guettoblaster protégé par un sac plastique et nous passe la même chanson hmong en boucle ! Comme je commence à la connaitre par cœur, en tous cas l'air, je me mets à chanter, et nous nous retrouvons telle une joyeuse troupe de de fanfaronnes à traverser les rizières ! Je leur chante aussi "la gadoue, la gadoue...." qu'elles répètent en chœur. La brume donne une ambiance magique aux lieux, et j'ai des frissons en admirant les paysages à chaque pose.

P1050462 A la fin de la première journée, je suis la seule à décider de rester dormir chez l'habitant, les 6 autres ont un peu pris peur compte tenu du temps. Je me retrouve donc seule avec ma guide à faire la cuisine au feu de bois de bambou et à terminer mon deuxième jour de trek dans la gadoue.

J'ai passé des moments magiques dans des paysages tout aussi magiques avec des gens magiques eux aussi. Comme dirait l'ami fredg, "good place with good people !" C'est ça le cocktail magique !

Je suis rentrée aujourd'hui par le train à 5 heures du mat'. J'étais avec 2 vieux anglais et un vietnamien dans la cabine, et entre le ronflements des uns et des autres et les odeurs de chaussette (les miennes y contribuant !), je n'ai pas dormi de la nuit. Je retrouve Aude pour le petit dej, puis nous allons visiter le Mausolée de Oncle Ho (le petit nom que donnent les Vietnamiens à Ho Chi Minh) et le musée d'ethnographie. Le corps embaumé d'Oncle Ho est bien gardé, et ressemble à une poupée de cire du musée Tussaud !

Aude va chercher à l'aéroport sa mère et sa sœur qui la rejoignent 2 semaine au Vietnam, et j'en profite pour aller me faire papouiller.
C'est pas facile de rester féminine quand on est partie depuis plus de 2 mois, et encore moins lorsqu'on revient, comme moi, pleine de boue et avec 2 nuits de train et une nuit chez l'habitant de Sapa !
Je décide donc de me payer une épilation et un massage aux pierres chaudes. Après mon épisode de l'épilation au fil sur une plage du Cambodge, je retrouve enfin les plaisirs de la cire ! La petite nenette qui s'occupe de mes jambes est rigolote, elle souffle sur sa spatule pleine de cire avant de l'étaler pour ne pas me bruler, comme on soufflerait sur une cuillère pleine de soupe ! J'ai moins rigolé lorsqu'elle a commencé à me souffler entre les cuisses pour faire sécher la cire du maillot !

Demain, je pars pour 3 jours dans la Baie d'Halong, dernière escale vietnamienne avant d'aller voir les kangourous !

03 mai 2008

"Hello, moto ?"

Ce n'est pas un slogan pour Motorola mais bel et bien le slogan du Vietnam ! Avec plusieurs variantes : "Motowbike, lady ?", "Buy something ?". Et franchement, c'est un peu usant !
Voilà, ce que je redoutais est bel et bien vrai, surtout depuis que je monte vers le Nord. Le Vietnam, lorsqu'on voyage en backpacker, c'est un harcèlement permanent qui gâche un peu la beauté des paysages. Ici, même les sourires semblent payants !
Je commence à croire que la seule façon d'être tranquille dans ce pays, c'est de faire un voyage organisé ! Ce qui, vous l'aurez compris n'est pas tout à fait ma manière de voyager.
P10502741 Voilà, en 2 mois, c'est mon premier coup de gueule. Le ministère du tourisme vietnamien ne va surement pas apprécié, mais si j'ai un conseil à vous donner c'est celui-ci : Si vous avez 2 semaines de vacances à passer dans la région, allez plutôt au Laos, le vrai pays du sourire ! Parce qu'en allant au Vietnam, vous reviendrez plus stressé qu'en partant !

Maintenant que je me suis calmée, je peux quand même vous raconter un peu ce que j'ai fait ces 4 derniers jours ! 
J'ai visité Hoi An dont la vieille ville est de toute beauté (ben oui, c'est beau en plus le Vietnam, c'est ça qui est terrible !) et arpenté les rues de la citadelle d'Hué ainsi que les divers tombeaux d'empereurs. J'ai passé 2 jours avec Joy, une Américaine d'origine thailandaise assez rigolote. J'ai bien ri, lorsqu'elle m'a demandé qui était le candidat républicain aux Etats Unis !
A Hoi An, j'ai investi dans une capote géante pour me protéger de la pluie, car il pleut une petite heure quasiment tous les jours.

P10501511_2Il y a beaucoup de touristes français par ici, beaucoup sont en groupe, dans un esprit très "les vacances à la FRAMçaise...". Je peux ainsi profiter de la finesse d'esprit de mes compatriotes qui, c'est bien connu, parlent beaucoup plus fort lorsqu'ils sont à l'étranger, puisqu'ici personne n'est sensé les comprendre...
Petit morceau choisi, à propos des asiatiques dont la position de l'attente se fait assis, les fesses sur les talons : "Hé Monique (désolée pour les monique !), tu sais pourquoi les Viets ont les yeux bridés ? Parce que depuis tout petits, ils s'assoient dans la même position que celle pour faire caca... warf warf warf !"

Et puis, arrivée à Hanoi, j'ai retrouvé Aude, la française avec qui j'avais voyagé quelques jours dans le Sud du Laos. On a passé une bonne journée à arpenter le rues du vieux quartier. Chaque rue est dédiée à un métier et l'on passe donc de ferronniers aux marchands de jouet sans problème.

Demain je pars dans le Nord quasiment à la frontière chinoise. Je pars pour 3 jours de treks dans les montagnes à la rencontre des différentes tribus, espérant ainsi éviter les "hello, moto ?"

29 avril 2008

Que faire au Vietnam lorsqu'il pleut comme vache qui pisse ?

Classe comme titre !
Quiconque a déjà vu une vache pisser comprendra mon désarroi de ces 3 derniers jours...
Mais j'ai décidé de ne pas me démonter devant une vache, la vache !
Quoi de mieux lorsqu'il pleut que de mettre la tête sous l'eau ? Ca tombe bien puisque je suis à Nha Trang, la station balnéaire du Vietnam où sont réunis les meilleurs spots de plongée !
Je viens donc de me faire 2 jours de plongée. Pas de gros poisson à l'horizon et une visibilité moyenne (10 mètres, pour les connaisseurs), mais cette partie de la mer de Chine rassemble une belle variété de petits poissons et de beaux coraux. Nudibranches en tous genres, poissons feuilles, poissons grenouilles, murènes...

P10409221 Ensuite, pour trouver un pis-aller à la malédiction des vaches, que faire après la plongée ? Et bien, soit on regarde Julien Lepers sur TV5, soit on bouffe ! Il y a pas mal d'élevages de langoustes et gambas dans la région, ce qui m'a permis de me régaler...
Je me suis également fait un bon resto français : filet de boeuf et patates sautées, avec de la moutarde, de la vraie et pas cette espèce de moutarde sucrée anglaise qu'ils ont le toupet d'appeler french mustard ! Et puis, du pain pour saucer et un verre de shiraz...
Ca n'a pas l'air comme ça, mais en l'écrivant, j'en salive encore !

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Cet après-midi, le soleil est revenu et tout le monde a rejoint la plage.
Ce soir, je prends un bus de nuit pour Hoi An, un bus avec couchette, attention ! En même temps, vu que les Asiatiques conduisent au klaxon, la nuit promet d'être longue...
Petit à petit je remonte vers Hanoi. Je crois que je ne m'étais pas bien rendue compte des distances au Vietnam. Finalement, en longueur, cela représente le Laos et le Cambodge réunis où j'ai passé plus de 5 semaines. Et je ne vais passer que 3 semaines au Vietnam. Pour la première fois, j'ai une échéance proche dans ce voyage : je dois m'envoler pour l'Australie le 12 mai, ça y est j'ai pris mon billet. Du coup, j'ai un peu l'impression que je vais bâcler ce pays, et que je ne vais pas pouvoir aller dans tous les coins que je souhaitais visiter... mais c'est sûrement le sentiment que me donne l'échéance. Pour la première fois, je dois compter les jours qui me séparent du décollage...
Allez à plus, dans le bus !

 

28 avril 2008

Au Vietnam, il est interdit de mettre la main au panier dans le lieux publics...

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26 avril 2008

Good morning Vietnam !

La plupart des backpackers que j'ai rencontrés et qui étaient passés par le Vietnam, m'avaient dit que c'était un pays magnifique, mais que les Vietnamiens étaient vraiment très agressifs avec les touristes. Voilà 5 jours que j'ai débarqué dans ce pays, et autant je suis d'accord avec la première assertion, autant je n'ai pas eu l'occasion de constater la seconde ! Et j'en suis bien contente ! Peut-être que lorsqu'on voyage avec le sourire, on ne peut que rencontrer d'autres sourires !

D'abord, j'ai adoré Ho Chi Minh City. Je crois que je commence à m'habituer aux grosses mégalopoles asiatiques. Cette ville est surpeuplée en moto depuis que les Chinois ont mis sur le marché des véhicules à moins 300 $ (contre 2 000$ pour les modèles japonais). On en compte 3 millions dans cette seule ville ! Certains touristes sont paralysés lorsqu'il leur faut traverser une rue et peuvent passer 10 minutes à un carrefour, d'autres prennent le parti de faire un signe de croix avant de courir, mais finalement, la meilleure façon est de traverser nonchalamment la rue d'un pas lent mais assuré. Ainsi, ce sont les motos qui peuvent anticiper pour vous éviter et non le piéton qui évite les véhicules. Une fois que l'on a compris cela, on vit beaucoup mieux l'ambiance un peu stressante qu'impose la circulation ! Il faudrait aussi pouvoir se boucher les oreilles, pour s'évader du brouhaha incessant des klaxons...

P1040738 La région est aussi l'occasion de mieux comprendre comment les Américains ont peu s'embourber pendant des années dans la guerre du Vietnam. J'ai visité les tunnels de Cu Chi qui furent construits par les Viet Congs. Les 250 km de tunnels, pas plus hauts qu'un mètre, construits à la pelle représentent une véritable fourmilière. On y retrouve pas mal de sorties de secours sur la rivière, qu'il fallait alors traverser en respirant avec une paille de bambou, des salles de gardes-manger, des salles d'opération et même des chambres nuptiales (l'histoire ne dit pas si les femmes étaient consentantes... mais pour l'effort de guerre, qu'est-ce qu'on ne ferait pas !).
Alors que les GI's se déplaçaient avec leurs gros sacs à dos et de lourdes rangers, les Vietcongs, petits et menus, passaient de tunnels en tunnels avec un foulard autour du coup et de tongs fabriquées avec les pneus des véhicules américains.

P10407481J'ai fait 30 mètres dans l'un de ces tunnels, pas plus ! Sur la photo, j'ai encore le sourire, je suis à l'entrée du tunnel. L'endroit est exigu et l'air suffocant et humide. Et puis quand on pense à l'histoire, l'endroit devient insupportable. J'ai eu la même sensation qu'en visitant S21, la prison des khmers rouges au Cambodge. Ca sent la mort. Je sais que c'est dans la tête, mais ça retourne l'estomac. D'autant que les Vietnamiens ont eu la bonne idée d'installer un stand de tir pour que les touristes en mal de testostérone s'essaient au tir avec d'anciennes armes de guerre. Du coup, on se retrouve sous le tunnel, en sursautant à chaque détonation.

Pour me remettre de mes émotions, je suis partie à Dalat, une sorte de station de sport d'hiver mais sans la neige. Cette ville est mignonette, on dirait presque Annecy, avec son lac, ses rues en zig zag. Bon Annecy, mais en style asiatique. Comme cette ville est en altitude, et bien qu'à 250km seulement au Nord d'Ho Chi Minh City, il faut 6 heures de bus pour le rejoindre. Dans mon cas, on a mis 9 heures, car nous avons du attendre que le patron de la société de bus amène quelque billets pour payer le péage et l'essence lors du trajet, puis la sortie de la ville a pris des heures compte tenu de la densité de la circulation (3 millions de motos, rappelez-vous, et un nombre de camions hallucinant), enfin sur la fin du trajet, nous avons eu le droit à des pluies torrentielles. Bref, une journée de bus qui m'a au moins permis de bouquiner. J'ai terminé "D'abord, ils ont tué mon père...", de Loug Ung, qui avait 6 ans lorsque le génocide des khmers rouges a commencé. Ce livre, écrit dans un style simple (via les yeux d'une enfant) permet de mieux comprendre l'Histoire (2 millions de morts dans cet auto-génocide) et est tout simplement bouleversant. J'en ai pleuré dans le bus.

P1040763 A Dalat, l'air est moins lourd sur tous les plans. Il doit faire 20-25°C, l'air est respirable et l'ambiance est paisible. Les Cambodgiens qui viennent en vacances ici n'ont pas l'habitude de telles températures, et j'en croise beaucoup qui accoutrés d'anoraks et de gros bonnets de laine, alors que je me balade en tee-shirt la journée.

Le problème à Dalat, c'est que tous les jours, en début d'après-midi, il pleut ! Ce n'est pas la mousson, car on est dans la montagne.

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C'est joli, la pluie, quand elle tombe sur les pagodes et verdit les paysages... mais quand on voyage, même si elle a le mérite de nettoyer la plante des pieds, la pluie, c'est chiant ! Comme ça fait 2 jours que je tombe à la même heure sur "Question pour un Champion" en allumant TV5, je décide de partir pour la plage demain (6 heures de route selon les compagnies de bus... hum hum ça promet un peu plus !). En espérant ne pas y trouver la mousson...

23 avril 2008

Rien que pour vous les filles... les gars du Cambodge

Après les gars de Thailande et du Laos, vous les attendiez avec impatience... les gars du Cambodge !
Bon je suis un peu déçue de n'avoir pas eu mon appareil photo à certains moments. Du coup, comme j'étais un peu pauvre en photos de beaux mecs, je vous ai mis des beaux moines bien joufflus et le sosie de Louis Bertignac, mais Anglais et avec des dents en moins ...

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22 avril 2008

Comment glandouiller au Cambodge ?

De retour de mon île, j'ai passé une journée à glander sur la plage de Sihanoukville. Et comme je n'avais rien d'autre à faire que glander, j'ai accepter les propositions à répétition de deux jeunes sœurs pour me faire une totale beauté... Au programme, manucure, pédicure et épilation, le tout vautrée sur un transat... J'ai ainsi testée l'épilation locale. Ici, pas de cire chaude ou de bande à épiler. L'épilation se fait avec un bout de fil à coudre. Comment cela me direz-vous ? Et bien, les petites minettes se coincent un bout de fil entre les dents, prennent l'autre bout avec une main et avec la seconde main enroulent le fil en son milieu. Ensuite, elles passent le fil enroulé sur le poil et hop le vilain poil s'en va. Je ne suis pas sure que vous visualisiez bien, moi aussi j'avais du mal à comprendre avant qu'elles ne me le fassent. Et comme le travail se fait poil par poil et que j'ai une pilosité inversement proportionnelle à celle des Asiatiques, et bien ça a pris 2 heures (et elles étaient 2 en plus !)

J'ai ensuite pris un bus pour Kampot, une vieille ville coloniale bien endormie où j'ai passé 3 jours.

P10406401Dans toute la région, on sent l'influence française via l'architecture des vieilles bâtisses, ainsi que la perte de vitesse (pour ne pas dire la mort) de cette influence. J'ai même visité une ancienne station d'altitude (enfin 1000m !), le Bokor, qui a eu ses heures de gloire lorsque les Français venaient s'enivrer et claquer leur francs au casino. Cette station maintenant totalement abandonnée, une sorte de village fantôme.

P10406211 La région de Kampot est aussi connue pour son poivre, qui est l'un des plus fins du monde ! J'espère que ça parlera aux fins gastronomes !

Alors, pourquoi passer 3 jours dans une région toute endormie ? Et bien parce que ça fait du bien de prendre son temps, de rouler en vélo sans but de visite précis, mais juste pour en prendre plein les yeux, s'assoir pour boire un jus de canne à sucre dans un village de pêcheur, discuter avec des gens, regarder le vaches traverser les rues, se faire masser par des aveugles (incroyable), bouquiner dans un hamac. Ha tiens, j'ai terminé mon deuxième bouquin, "La vie devant soi" d'Emile Ajar/Romain Gary... je n'ai pas un rythme de lecture acharné et c'est surement tant mieux, car cela veut dire que j'ai autre chose à faire !

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Et puis, je me suis retrouvée dans une guesthouse sympa où il y avait un bon groupe de backpackers qui comme moi voyagent pour longtemps et ne sont donc pas pressés par le temps... Comme Kampot n'est pas un lieu touristique majeur, les "vacanciers" (ceux qui prennent 10 jours pour visiter le Cambodge) n'ont pas le temps de perdre du temps là-bas, il n'y a donc que des routards (peut-être une cinquantaine dans toute la ville, donc assez rapidement on se connait tous).

Parfois, j'ai besoin de me poser dans un endroit, peut-être par besoin de repères. Dormir 3 nuits de suite dans le même lit et ne pas devoir se prendre une suée tous les matins en essayant de fermer son sac, croiser des têtes connues, prendre ses petites habitudes (j'ai remarqué que souvent, chacun s'installait toujours à la même table, sur la même chaise.), jouer aux cartes à l'heure de l'apéro avec le mêmes personnes.

J'ai du repasser une nuit à Phnom Penh pour des histoires de visa pour le Vietnam (c'est l'un des seuls pays asiatiques qui ne délivre pas de visa à la frontière...). J'ai changé de quartier et ai passé la nuit en plein centre-ville. Cette ville est pleine d'extrêmes, on y croise de grosses voitures aux vitres teintées qui klaxonnent les gamins en haillons qui portent des sacs plus gros qu'eux. Ha oui, car en Asie, plus t'as un gros véhicule, plus tu as un gros klaxon et plus tu es puissant, donc tu as la priorité sur la route. Autant dire que quand tu es piéton ou chien, tu n'es rien ! Il ne te reste plus qu'à fermer les yeux et à traverser la route !
La nuit, la pauvreté est encore plus criante que le jour. Il y a un nombre de personnes qui dorment dans les rues sombres, sur des nattes entre les détritus et les rats, dans leur tuk tuk ou à même le sol, une moustiquaire accrochée à un poteau... J'avoue que je n'ai pas trop trainé dans Phnom Penh by night hier.

Aujourd'hui, je suis arrivée au Vietnam, à Ho Chi Minh Ville (ou Saigon, suivant votre religion !). C'est busy busy comme on dit par ici... busy étant sensé condenser les termes suivants : bruyant, circulation dense et klaxon qui va avec, pollution, harcellement des tuk tuks... Bref une grosse ville asiatique. J'ai quelques appréhensions par rapport au Vietnam, j'ai entendu tellement de récits de backpackers au sujet des mecs qui essaient de t'arnaquer... mais je suis quand même venue histoire de me faire ma propre opinion.

A bientôt pour le prochain récit vietnamien !

18 avril 2008

J'ai embrassé Alain Delon sur une ile déserte

P10405001Bon, les clopes sont dégueulasses, mais c'est une spécialité 100% cambodgienne. Apparemment, cet idiot d'Alain Delon (ou l'un de ses managers...) s'est fait avoir sur l'exploitation de son nom comme marque de cigarettes. Il croyait signer un contrat utilisant juste son image pour une publicité, et en fait il a donné son accord pour donner son nom à une marque de clopes ! voilà pour la petite histoire khmer du jour.

17 avril 2008

Et vlan, encore une claque sur ma petite tête d'occidentale.

Cela faisait plus d'un mois que je n'avais pas vu la mer... Je viens de passer 4 jours à Sihanoukville et ses alentours. Sihanoukville est La station balnéaire du Cambodge. Le plages étaient bondées de touristes khmers qui sont venus s'éclater pour les 4 jours du Nouvel An. Comme c'était blindé et que les plages étaient donc un peu crado (car, comme dans tous les pays en voie de développement, la conscience écologique n'est pas la priorité majeure...), j'ai décidé de partir plonger 2 jours.

On ne va pas au Cambodge pour plonger, en revanche j'ai trouvé là-bas quelques clubs de plongées et j'ai donc décidé de faire 2 jours d'immersion, en passant la nuit sur une île. Bon, niveau plongée, ce n'est pas un spot incroyable et la visibilité était moyenne. Mais finalement, c'était plutôt une bonne idée, ne serait-ce que pour la nuit que j'ai passée sur l'île. Parmi les quelques plongeurs qui étaient avec moi sur le bateau, tout le monde est retourné à Sihanoukville le soir, et je me suis donc retrouvée seule à passer la nuit sur l'île. Moyennement rassurée, au début, quand-même !

P10404811 J'ai dit au revoir au bateau vers 15 heures et ai décidé d'aller me balader. Après avoir traversé le petit village de pêcheurs qui habitent l'ile, et qui semblaient plus occupés à larver sur les hamacs qu'à pêcher, je me suis retrouvée sur une immense plage déserte. Enfin, presque déserte... Cette plage était habitée pas d'innombrables crabes, quelques chiens, et des buffalos pas toujours très rassurants. Après une petite baignade, je m'allonge sur mon paréo et commence à entendre des bruits bizarres qui viennent de la forêt. J'ai eu l'impression d'être dans "Lost", ne sachant quelle bête sauvage allait sortir de là, ou "les Autres". Je vois alors sortir un homme d'une quarantaine d'année avec une machette, puis une femme. Ils s'approchent de moi timidement (je dirais même "sauvagement", si j'osais) avec de yeux écarquillés. Je leur souris, leur dis bonjour, et ils s'assoient à côté de moi. Je suis un peu gênée d'être en maillot de bain, remet mon tee-shirt, et s'ensuit une conversation d'une heure, qui fut plus un échange qu'une conversation d'ailleurs, car ils ne parlaient pas un mot d'anglais, si ce n'est "ok". J'apprends à dire "chien" et "maison", on dessine sur la sable, on s'apprivoise. Puis, ils font le chemin du retour vers le village avec moi. Je sursaute et pousse un cri  devant un serpent bien trop vigoureux à mon goût. D'ailleurs, la petite dame n'a pas l'air très rassurée non plus... je fais le reste du chemin en faisant des "pchittt" pour essayer d'effrayer le reste de la famille serpent. Oui, la nature a ses limites avec moi, et cette limite s'appelle serpent !
Puis, je m'arrête dans la seule gargote du village pour boire un coca. Je ressens le même sentiment que dans certains coins du Laos. Ici, contrairement à Angkor ou Phnom Penh, le rapport avec les autochtones n'est pas un rapport de mendicité, les gens sont juste curieux de voir une blanche, qui en plus est toute seule, et nouent le contact très facilement sans agressivité aucune. Nombre d'entre eux essaient de me faire comprendre quelque chose en me répétant "sabaï, sabaï" et en faisant des mouvements de danse. Je ne comprendrai que plus tard, que toute cette pantomime était pour m'expliquer que le soir-même, c'était la fête au village.

P10404881Je rentre dans mon bungalow au bout de l'ile pour admirer le coucher de soleil et prendre une "douche" version écuelle et eau de mer. Puis, je pars aider ma cuisinière à faire le diner. Je suis seule à manger sur un bout de table avec une lampe de poche, et ma cuisinière qui me parle et me répète encore "sabaï, sabaï". Je lui réponds que "oui, le diner est très bon et que comme elle a fait la bouffe pour 5, je ne vais pas pouvoir honorer tous les plats qui trônent devant moi, mais qu'elle ne s'inquiète pas c'est très bon !" Pas facile à expliquer en langage des signes !
Et puis, les générateurs se mettent en marche et j'entends de la musique qui provient du village. Elle me prend la main et je comprends enfin, qu'ils m'invitaient tous à faire la fête au village ! Et quelle fête que ce dernier jour de l'an khmer ! On rejoint la place du village, qui se trouve en face de la gargote d'où sort la musique. Les femmes me proposent du "wine" qui s'avère être de l'alcool de riz local. Après 2 verres, je comprends que je ne pourrai pas passer toute la soirée à boire ce tord boyaux qui tue tout (même la tourista !) et prends donc une Anchor Beer. Les femmes s'amusent à m'expliquer les pas de danses. Je retrouve ma petite dame de l'après-midi, qui ne me lâchera pas de la nuit en me répétant inlassablement "marrrriiii marrriii sabaï sabaï". Là c'est ma petite dame (et j'avoue que je ne suis déjà plus très fraiche..)

P10405011Ma première bière étant vide, je la vois sortir de son soutif 2 billets (il ne doit pas y en avoir beaucoup plus) et négocier avec la tenancière de la gargotte pour qu'elle me donne une bière contre les 2 petits billets.
Quelle putain de leçon de générosité ! Et vlan, encore une claque sur ma petite tête d'occidentale.

13 avril 2008

Le devoir de mémoire au Cambodge

Ce séjour à Phnom Pehn, la capitale du Cambodge, a été étrange. A la fois bouleversant et festif. Comment allier les 2 ? une chose passe après l'autre, heureusement ou malheureusement.

Tout d'abord, je suis allée visiter, comme une sorte de pèlerinage universel obligatoire, pour ne pas oublier, les différents lieux d'horreur qu'à laissé la clique de Pol Pot. Je parle de clique car c'est comme cela que les différente pancartes l'appellent. Il aurait mieux fallu qu'ils prennent leurs cliques et leurs claques ceux-là...
Je ne suis jamais allée me recueillir à Auschwitz, mais j'ai lu tellement de livres du grand Primo Levi et de la non moins illustre Hannah Arendt, que j'ai l'impression de m'y être déjà recueillie. En tous cas, mon devoir de mémoire est bien ancré concernant les crimes nazis, si proches de nous.
Ce devoir de mémoire il est également important au Cambodge, pour que chacun se souvienne des atrocités commises par le régime de Pol Pot (Po Pot, qui, en passant, a fait ses études en France avant de revenir au pays, mais ça, le guide du routard ne le dit pas alors que le lonely planet en fait un encadré... tiens, tiens...).
P1040387 J'ai donc visité la prison S-21 qui était une ancienne école française (ou comment passer du lieu où l'on est sensé s'épanouir à un lieu où l'on meurt torturé...), ainsi que le camps d'extermination.
Les lieux font froid dans le dos et imposent le silence. Les photos des condamnés défilent, et c'est comme si leurs fantômes étaient toujours là. J'ai eu des hauts le cœurs, souvent, et l'odeur des frangipaniers qui ont désormais pris racine dans la cours de l'école/prison tranche avec l'ambiance des lieux. C'était il y a un peu plus de trente ans, mon âge, pas tant que ça finalement.
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Sur ces lieux de recueillement et de souvenir, malheureusement, on ne croise que des touristes mais pas vraiment de Cambodgiens. J'ai regardé une émission, il y a une semaine, sur CNN Asie qui disait que les jugements qui avaient lieu actuellement concernant les bourreaux de l'ère Pol Pot étaient difficiles et que les populations préféraient oublier plutôt que de dénoncer leurs voisins... Difficile de faire son deuil national et de perpétrer un devoir de mémoire dans ces conditions... J'ai toujours eu un grand respect pour la nouvelle génération d'allemands qui en majorité gère très bien l'histoire de leurs parents, entre culpabilité, humilité  et devoir de mémoire. Ici, c'est peut-être trop frais, mais ça a l'air moins évident
.
Après quelques heures de marche pour me remettre de mes émotions, sous un soleil de plomb (38°C à l'ombre, mais je n'ai pas trouvé l'ombre), je suis retournée vers ma guesthouse qui est dans le quartier des routards, proche du lac. Ambiance un peu cradouile et fumette, mais forcément décontractée. après le choc de la matinée, je suis donc retournée dans le quartier ma guesthouse, découvrant que la fête du nouvel an avait commencé. En arrivant, je me suis faite aspergée d'eau et recouverte de talc, comme la tradition l'exige, et me suis retrouvée rapidement avec un bière à la main, puis 2, puis 3...

P1040423Le devoir de mémoire a vite été supplanté par le devoir de jouir du moment présent. Et la difficulté de combiner les deux...
Se souhaiter la bonne année, c'est se souhaiter un meilleur futur, quelque soit le pays, quelque soit l'histoire.
Happy Khmer New Year !

12 avril 2008

Perblanche !

Voici un laboratoire d'analyses médicales cambodgien comme les autres... à une chose près, l'enseigne est traduite en français ! J'avoue qu'il a fallu que je passe 3 fois devant pour comprendre que c'était en français, rapport certainement à la troisième ligne. Je crois comprendre entre les lettres de quoi il s'agit !

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11 avril 2008

Et ça continue, Angkor et Angkor, c'est que le début d'Agkor d'Agkor

Voilà, ça c'est fait ! J'ai enfin visité cette merveille du monde (même i elle ne fait pas partie des 7)...

P1040266 En visitant de vieilles pierres, il m'arrive souvent d'être emplie d'une grande émotion.
C'est ce qu'il m'est arrivé en arrivant en haut du Machu Picchu au soleil levant, ou bien en découvrant Palenque perçant la jungle mexicaine. Le genre de moment où les poils des bras se hérissent, et où il n'y a plus qu'un seul mot qui arrive à sortit de ma bouche... "ouahhhh".
En revanche, pour les pyramides de Khéops et le Sphinxs, que nennie, surement parce qu'en découvrant le Sphinxs, j'étais poursuivie par des rabatteurs à chameaux et qu'en prime je me suis fait mettre une main aux fesses par un policier egyptien mort de rire...
Et bien, Angkor, ça a un peu été la même chose... pas d'émotion particulière, et c'est aussi peut-être parce qu'avant de découvrir un site on est harcelés par de vendeurs de bouquins et des gamins qui peuvent nous suivre pendant 10 minutes en répétant inlassablement "buy me, buy me". Moi je veux bien acheter mais au bout du 10ème bracelet en bambou autour du poignet, je crois que j'ai craqué !

P1040171 Bon, si on arrive à faire abstraction de tout cela, et bien les sites sont magnifiques, bien-sûr. Et j'ai aimé, bien-sûr (il manquait juste l'émotion !).
Et puis, l'histoire est incroyable. On se demande comment ces monuments tiennent encore debout après tout ce que l'histoire du pays et le temps qui passe leur ont fait subir. Pas mal de monuments sont en restauration, ce qui représente un boulot titanesque lorsque l'on voit le nombre de morceaux de grès étalés sur tout le parc et recouverts par la nature. Et quand on sait que certains monuments on été construit en même temps que Notre Dame de Paris, et bien ça laisse à réfléchir. Je crois que je m'extasierai 2 fois plu la prochaine fois que je passerai devant Notre Dame !

Seim Reap, la ville moderne qui se trouve près d'Angkor a aussi l'avantage d'être toute proche du Lac Tonlé Sap, qui est le plus grand lac d'Asie et qui par sa taille nourrit tout le Cambodge.  En fonction des saisons et de la crue du Mékong, la surface du lac peut être divisée par 4 et la profondeur par 10. C'est un vrai lac vivant.

P1040304Je suis allée faire un tour sur les villages flottants du Nord du Lac. On est en saison sèche, donc l'eau est basse et bien maronnasse, et l'on sent bien qu'on est en saison de décrue (au niveau de l'odeur) ! Le village que je visite est composé de plusieurs quartiers, comme une ville. il y a les Cambodgiens, les Vietnamiens et les Musulmans (principalement des gens qui viennent de Malaisie semble-t-il).
P1040314 Demain, je pars pour la capitale, Phnom Penh. J'y serai en plein nouvel an khmer... on sent déjà l'agitation monter à Siem Reap : la ville a mis des drapeaux partout, les habitants décorent les maisons de grandes étoiles en plastiques, et quelques "chorales" commencent à animer les rues. Beaucoup de commerce semblent fermer, j'espère quand-même trouver une guesthouse sans problème à Phnom Penh... Je ne sais pas à quoi m'attendre (et c'est ce que je préfère !)